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Ayashen Le Sauvage, La Libération (5)
par Moldavian
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Ayashen Le Sauvage, La Libération (3)
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Ayashen Le Sauvage, La Libération (2)
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Startest - Ayashen Le Sauvage, La Libération (4) - Moldavian
 Ayashen Le Sauvage, La Libération (4)
  Vu 514 fois -  Moyenne : 7.75/10 (4 notes)


Description

LIRE - NOUVELLE
  • GENRE : fantastique
  • LONGUEUR : extrait
  • THEME : voyage
  • THEME : tranche de vie
  • THEME : rêve

  • Description par l'artiste

    Moldavian n'a pas décrit sa création.
    Ayashen Le Sauvage, La Libération (4)

    Chapitre 4

    Journal de Keyon

    3 Jours après Sa naissance

     

     

     

    Je ne comprends plus. Je me suis promis de ne jamais créer un Journal intime. J’essaye encore de me convaincre que ce n’est pas pour vider mon cœur mais pour pouvoir analyser la situation sous un autre angle. De plus, si jamais je devais mourir, la vérité ne devra pas être reniée. Je ne sais pas encore de quelle vérité je parle mais j’ai l’intention de le découvrir.

    Commençons par le début.

    Le bébé. Je savais qu’il allait nous changer dès que je l’ai vu pour la première fois. Il est né comme les autres à l’exception que son père n’est jamais venu. D’ailleurs, personne ne le connaissait et la mère ne voulait pas nous révéler son nom, ni le sien. Pourtant, personne ne défiait les Hommes Sages. Sans parler du fait qu’elle était une étrangère qui s’est installée dans la demeure d’un homme parti rejoindre ses ancêtres.  Mais nous l’avons laissé tranquille à propos de cette histoire de père inconnu. Il était mieux de ne pas irriter une mère. On disait que ça créait une mauvaise atmosphère pour la croissance d’un nouveau-né.

    Le poupon promenait son regard curieux sur nous, les huit visiteurs qui ne nous séparions jamais. Nous étions venus pour examiner le bébé et juger son état de santé. Chacun de mes camarades semblait mal à l’aise face à son regard. Quand ce fût mon tour, je compris ce qui les prenait. Le petit garçon me regardait comme si il voulait me dire qu’il connaissait mes qualités, mes défauts, mes joies et mes peines. Ma vie semblait se révéler à lui comme un livre ouvert.

    Mes compagnons n’en pouvaient plus. Ils durent sortir de la minuscule pièce. J’étais le dernier, et par conséquent, le seul à assister au spectacle que le bébé me procura. Pour la première fois depuis ses trois jours d’existence, il pleura.

    Bon, il faut me l’avouer, je ne portais pas les bébés dans mon cœur, sinon que je les détestais carrément, surtout quand ils pleuraient. Mais celui-ci était différent, spécial. Il pleurait comme une personne qui perd un membre de sa famille, c’est-à-dire que ses pleurs n’étaient pas de ceux qui donnent envie de s’arracher les cheveux pour les faire taire, mais au contraire, ils donnaient envie de le bercer doucement dans ses bras pour lui dire que personne ne lui fera de mal, qu’il n’avançait pas seul sur le chemin de la vie.

    Mais une voix interrompit ma rêverie :

    ─ Grouille toi, Keyon! murmura Alester avec insistance, on ne veut pas parler politique avec quiconque nous croisera dans les tunnels. Plus tu tardes, plus les risques que ça arrive augmentent.

    Heureusement, il n’a pas entendu la manifestation de détresse de l’enfant. Je ne voulais pas partager l’expérience. Je pense qu’Alester ne voulait pas l’entendre, il était déjà assez troublé comme ça. En plus, les citoyens de Mopolos nous adoraient. Ils s’arrêtaient toujours pour nous saluer et bavarder un peu. Comme vous pouvez vous en douter, nous détestions ces arrêts, mais ne laissions rien paraître.

    De nous huit, Alester était sans conteste celui qui s’inquiétait le plus de la santé physique et mentale des autres. J’appréciais beaucoup sa compagnie mais je n’étais pas d’humeur à l’entendre, ce jour là. Je me dépêchais quand même de sortir.

    Les autres étaient déjà partis, Alester aussi. Je franchis rapidement et discrètement les couloirs souterrains et sortis à l’air libre, dans la fin ouest de la Forêt des Grands Bruns. Ils m’attendaient dans la cabane. Une fois assurés que tous les rideaux et la porte étaient bien fermés, nous sommes descendus dans la cave.

    Quand nous nous sommes tous assis autour de la table en forme de cercle, Crider se leva et parla le premier, comme d’habitude :

    ─ Je ne doute pas du fait que le bébé soit spécial. Il reste à déterminer s’il l’est pour le meilleur de lui-même ou pour le pire.

    À tour de rôle, chacun nous exposa son point de vue. Tous étaient à peu près du même avis : le bébé les intriguaient et ils voulaient savoir ce qu’il avait. Quand ce fut mon tour, je dis simplement :

    ─ Appelons les Deyous.

    Mes camarades murmurèrent entre eux leur approbation et Alester  me félicita pour la bonne idée.

    Les Deyous étaient des érudits, des génies. Mais nous ne faisions appel à eux qu’en cas d’urgence. Or, comme nous n’avons pas eu besoin d’eux depuis vingt ans, nous avons failli les oublier. Ils portaient des vêtements amples et très sombres. Ils seront sûrement en mesure d’identifier l’étrange phénomène que produisait l’enfant.

    Il y avait cependant un problème, et ce problème me concernait, seulement moi. Je ne voulais pas que les Deyous trouvent la vérité sur le bébé. J’avais peur pour lui. Que lui arriverait-il si il était réellement différent? Je ne voulais pas qu’il subisse le même sort que les autres, ainsi que sa mère. Le petit n’avait même pas de nom. On écriras sans doute sur sa pierre tombale « Trop jeune pour avoir un nom ».

    À moins que le garçon réussisse le test des Deyous. Nous oublierons son existence et continuerons la notre. Mais c’était impossible. Il ne pouvait qu’être anormal avec le regard qu’il avait. Dans ce cas, nous serons forcés d’envoyer les Whizers chez la mère et chez l’enfant. Je frissonnais rien qu’à l’idée de conclure un marché avec l’un d’eux, un assassin cruel mais efficace, qui ne laissait aucune trace de son passage et qui portait un masque de bois qui semblait changer de forme. Nous faisions appel à l’un d’eux à chaque fois qu’un enfant pouvant nuire à la société naissait. Et à chaque fois que ça se produisait, je regrettais d’avoir eu à enlever la vie aux parents ainsi qu’au nouveau-né. Les autres Hommes Sages semblaient partager mon avis et ne voulaient surtout pas avoir affaire à eux.

    Une autre chose me troublait l’esprit : je n’ai pas parlé à mes camarades des pleurs du poupon. C’était étrange, vu le fait que nous n’avions aucun secret l’un pour l’autre. Mais quelque chose m’obligeait à me taire. Peut-être le bébé. Jusqu’où s’étendaient ses pouvoirs? Je n’en savais rien.

    Sans le vouloir, je me levai et dit :

    ─ Je sais que vous appréciez l’aide des Deyous mais si jamais les résultats seront négatifs, nous serons obligés de faire appel aux Whizers, et ils sont capables de tuer même un bébé sans défense. Je propose au mois d’obliger sa mère à le Nommer. Sinon il mourra sans que personne ne se souvienne de lui.

    Ils semblaient tous d’accord avec moi. Et c’est ainsi que nous décidâmes de rendre une petite visite à la mère dès le lendemain. Nous avons passé le reste de la soirée à essayer de prévoir les événements.

    Le matin se levait dans un spectacle merveilleux de lumière, comme d’habitude. Nous avons traversé les sombres couloirs de la ville pour enfin trouver la porte de bois accrochée au mur, à laquelle nous avons cogné doucement. La femme était surprise de notre visite. Elle tenait son enfant heureusement endormi dans ses mains solides. Elle hurla presque :

    ─ Mais qu’est-ce que vous faites ici? Je pensais que vous en avez fini avec nous.

    Sa nervosité réveilla son bébé, qui ne semblait pourtant pas sur le point de brailler. Nous avions baissé les yeux, intimidés par deux regards intenses : l’un furieux, et l’autre, curieux. Comme il était impoli de s’introduire dans la demeure de quelqu’un sans se justifier, Crider s’empressa de répondre avec un certain malaise dans la voix :

    ─ Nous voulions seulement voir si tout allait bien. Et nous pensons que plus tôt vous Nommerez votre enfant, le mieux ce sera.

    Nous allions partir, mais la femme nous retint en nous disant, plus calmement cette fois :

    ─ Je vais bien et mon enfant a déjà un nom. Il s’appelle Ayashen. Maintenant, vous pouvez partir.

    Et c’est ce que nous avons fait. Nous sommes revenus dans notre cabane. Nous avons discuté sur la raison pour laquelle la mystérieuse femme aurait donné un tel nom à son fils. Peut-être qu’elle n’était pas au courant de l’histoire entourant ce nom. Dans le cas contraire, nous n’aurions même pas besoin des Deyous, son sort serait déjà scellé.

    Nous ne pouvions pas laisser vivre le porteur du nom maudit du Roi des elfes.

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