Description
Description par l'artiste
Instructions de départ :
sujet : ils (cadres sup bonduelle en conférence) + elle (hystérique venue d'on ne sait où) / temps : passé
Comment était-elle entrée dans la salle de conférence, ils n'en avaient pas la moindre idée et d'ailleurs bien peu d'entre eux ne se l'étaient seulement posée, tout concentrés qu'ils étaient à tenter de déchiffrer ce que cette harpie leur criait à demi-voix en mâchonnant la majorité des syllabes. Ce qui était sûr, à leurs yeux, c'est qu'elle était en pleine crise d'hystérie, et l'incohérence flagrante de son monologue paniqué en était le principal symptôme. Elle semblait atteinte d'une sorte de dyslexie post-traumatique. Tandis qu'ils s'accoutumaient peu à peu à la présence inattendue qui avait pulvérisé l'ambiance cordiale et laborieuse qui régnait l'instant d'avant, elle se remettait à déblatérer ses drôles de phrases.
"J'étais sortie dehors pour aider mon frère à retrouver le short de son pantalon qui s'était envolé, et puis un vent à débuffler les cornes s'est mis à souffler. Comme j'avais le dos torse-nu, j'ai voulu avancer en reculant, mais à cause de la tête de ma taille, je n'ai pas pu passer sous les branches et je me suis ouvert le crane chevelu. Quand je me suis relevée, il y avait des cadavres de morts partout autour de moi !". C'est alors que Patrick, Chef de Produit Appertisé Junior, un jeune cadre fort apprécié pour son humour et son esprit d'à-propos, intervint en rebondissant savamment sur le charabia de la gonzesse "Oh ! Tu te calmes ou tu te prends un coup de mandale ! Bois un verre d'eau de flotte et explique-toi plus clairement."
"ben vlà si tu l’oses ! C’est quand même pas toi qui vas m’apprendre à déchifler mes nageoires ! Déjà que j’ai du mal à me gratter les écailles…"
Et PAN ! c’est à ce moment-là qu’il choisit de sortir son arme et d’abréger les souffrances de la malheureuse. Mais c’était sans compter sur ce coquin de sort qui vous en mets une belle dans la tête alors que tout était tranquille. En effet, c’est à ce moment précis que le plafond s’est mis à rétrécir à toute berzingue. Du coup, les murs s’incurvaient de plus en plus sous la contrainte inversement proportionnelle à la surface portante. Du coup, tout le monde était obligé de pencher la tête… Et c’est sûr que ce n’était pas facile pour eux qui n’avaient pas l’habitude de courber l’échine.
"Ah… AH !" s’écria--elle en se relevant indemne ! "On ne m’a pas comme ça môssieur ! je ne suis plus de celles dont on peut abuser sans y laisser quelque chose !" Médusée, l’assemblée reprit son souffle et la conversation du même coup…
"Il eut été plus simple de lui couper la langue en la coinçant dans une paire de tenailles chauffées à blanc au lieu de la laisser nous perturber avec ses revendications idiotes. N’a-t-elle donc point conscience que nous formons, en tant que Bonduellistes, une société secrète aux ramifications étendues à tel point que les rosicruciens et autres opus déistes passent pour des mariolles à côté de nous ?"
Ouvrant la bouche, l’innocente victime de la concupiscence débridée des cadres supérieurs considéra ses bourreaux en posant sur leurs cravates un regard de vache ahuri.
"C’est qu’on ne m’avait rien dit. Je croyais avoir affaire à de simples…" "Reeeuuuaâââââhhhhhrrrgggggkh kh khhh rgrkhtp, hurla soudainement Andy, Directeur de Développement Agro-Industriel, qui jusque-là était resté en retrait de l'attroupement, ne prononcez plus jamais le mot "simple" en vous adressant à moi !" Cracha-t'il indistinctement à l'assemblée, suffoquant d'indignation.
37 années d'humiliations lui remontaient le long du cortex, lui qui avait épousé une magnifique attardée mentale, trop timide pour aborder une femme normale, il avait trouvé le bonheur dans les bras de Cathy, sorte de poupée gonflable de qualité supérieure. Une plastique à vous couper le souffle, mais autant de répondant qu'un plat de lasagnes végétariennes. Cathy était dans sa 15e année quand il la rencontra pendant une colonie de vacances qu'il animait pour payer ses études de commerce dans une école privée que ses parents, chômeurs de longue durée, ne pouvaient décemment lui financer. Immédiatement, il tombât sous le charme esthétique de la belle Cathy, et, machiavélique, échafauda un plan pour soulager les parents de cette charge à vie contre sa main. Depuis, il vivait dans la plénitude sensuelle mais, parallèlement, dans la méfiance paranoïaque. Il faisait tout son possible pour montrer à qui le voulait les photos de lui et sa belle, mais pour ne surtout pas non plus montrer la belle en question. Mais bien entendu, le fin mot de l'histoire arrivait vite aux oreilles de ses interlocuteurs, qui se moquaient de lui à toute occasion, à leur façon hypocrite… Et puis, le pire de tout, Cathy se laissait indifféremment aller au coït avec n'importe qui, et une bonne partie de son entourage et des artisans-plombiers de la ville avaient déjà goûté à ses charmes. Bref, sans raison apparente, c'est ce moment-là qu'Andy avait choisi pour laisser exploser sa colère.
Tandis que ses collègues le regardaient -de leur coutumier air dédaigneux- démonter rageusement les sièges de l'amphi, Andy donnaient de toutes ses maigres forces pour montrer à quel point sa colère était puissante. L'inconnue, impromptue, s'adressa à lui d'une voix douce, conciliante. "Mais oui, mais oui, tu es fort ! Tu es même le plus fort, le plus beau, le plus charmant… Mais mais mais mais… T’es un truand ! Tu sais que je sais que tu sais que je sais que tu l’es ! Tu ne pourras plus te cacher longtemps comme ça ! ils finiront bien par te rattraper. Et là, tu pourras jouer au gorille comme tu veux, tu ne pourras rien faire contre eux !" Forte de sa réplique, elle se tourna vers les collègues, l’air triomphant de celle qui a réussi à vaincre la bête et leur asséna un dernier coup : "Et vous, du haut de votre insuffisance crasse, vous êtes tous à mettre dans le même panier de crabes ! Vous pouvez prendre ce que vous voulez… Mais vous n’aurez jamais ma liberté de penser !"
Puis elle claqua la porte et partit aussi vite qu'elle était apparue, ce qui me laisse avec un personnage de moins sur les bras dans cette histoire (ce qui - il me faut bien l'avouer - n'est pas pour me déplaire). Là-dessus, le responsable de l'emballage-pragmatique-évolutif-mais-quinquennal-des-petits-pois-lyophilisés-sous-vide se leva de la chaise sur laquelle il gisait jusque-là sans se faire remarquer puis éructa, éternua, glapit, se moucha et se rassit.
Sur ce, bien évidemment et compte tenu des circonstances, tout le monde rit. La donzelle saisit alors au vol l'occasion de prendre enfin le dessus sur le groupe. Très au fait de cette surprenante tendance qu'ont les coachs nouvelle génération à concevoir les stages de cohésion de groupe comme un jeune stagiaire BAFA animerait une bande de mioches crasseux dans une MJC de ZEP en province, elle se campa face au groupe, poings sur les hanches et hurla "allô allôôô". Les rires cessèrent immédiatement et l'ensemble répondit à haute voix dans un grand élan "j'écoute !", elle continua donc "et quand j'écoute…", "Je m'tais !" répondirent, obéissants, les cadres sups. Et en effet, ils se turent, et un silence intrigué les suspendit aux lèvres de la cheftaine improvisée. Celle-ci savoura pleinement ces instants de domination silencieuse. Elle songea un instant à l'incroyable docilité du groupe de requineaux. Elle n'arrivait pas à savoir si le plus ridicule était de les faire jouer à des jeux d'enfants ou le sérieux guindé qu'ils mettaient à accomplir du mieux possible durant leurs stages les instructions des "1,2,3 soleil" et autres "balle au prisonnier", sérieux qui ferait même rire le second degré d'un enfant de 5 ans. Mais avant que ne retombe trop l'attention qu'elle avait su capter, elle enchaîna rapidement avec un jeu qui les occuperait suffisamment longtemps pour qu'elle puisse s'enfuir. Sourire en coin, elle éructa : "Jacques-a-dit a dit massacrez-vous la gueule à coups de coups de boules !!!" (vraisemblablement, son espèce de dyslexie était plus ou moins permanente, mais cela n’empêcha en rien le groupe, plus préoccupé d'obéissance penaude que de logique syntaxique de se toltchoker tzarrible). Sous le son sinistre des arêtes de nez brisées et des dents crachées, elle se faufila vers la sortie. C'était compter sans le contingent d'agents sécuritaires à terre qui défendaient l'accorte porte dont les battants battaient au vent. Bon sang ! Mais c'est que c'est contagieux en plus, cette dyslexie ! Peu importe l'importance de son gai bégaiement, elle poussa un soupir de soulagement puis la porte et c'est à ce moment précis que lui tomba dessus un objet contondant difficilement identifiable car elle gisait maintenant dans un état comateux pour le moins brumeux
Mais c'était sans compter sur sa combativité naturelle. Se dressant d'un bond sur ses pattes arrière, elle prit son élan et fonça sur la foule médusée par tant d'agilité. "Au secours, un caribou !" s’écria le développeur de concepts légumiers qui siégeait au bout de la table. "Ah non, je t’en prie, ne dis pas n’importe quoi" lui rétorqua vertement son collègue "Tu vois bien qu’il s’agit d’un orignal" "Mais pas du tout, c’est un authentique wapiti, regardez plutôt ses bois"
"Eh oh, les trouducs, vous allez pas me sortir la liste des synonymes du Petit Robert non plus !" éructa-t-elle car elle commençait fort légitimement à s’impatienter… (Songez donc ! Depuis tout le temps qu’elle rêvait de les dégommer.)
"Pardon, pardon" murmurèrent-ils, la mine confuse et la cravate penaude.
Sur ces entrefaites, l’élan les percuta de plein fouet et le spécialiste maison de la mercatique ès pois chiches alla même s’empaler sur les protubérances qui lui sortaient de la tête. Les meubles volèrent, le sang gicla, les coups plurent à défaut de déplaire à moins qu’ils ne pleuvinouillassent, allez donc savoir, et ce fut en définitive un beau carnage mais si vous avez patienté tout ce temps pour savourer une alléchante description de cervelles dégoulinantes et autres détails anatomiques croustillants comme une poêlée de légumes surgelés mal réchauffée, laissez-moi vous dire que votre déception sera grande lorsque vous comprendrez que cette édifiante aventure s’arrête ici.
J'ai dit : ici.
ColLiPyjÉ revendiqué par :
Maistre-Fondateur 
Evie Hone 
Marie B.
Déclenché le Vendredi 10 Septembre 2004
Conclu le Vendredi 12 Novembre 2004
Commentaires
Inscrit le : 16/12/2008
Commentaires : 28
Constructif à 100 %
Inscrit le : 01/04/2009
Commentaires : 12
Constructif à 88.24 %
Votre faconde libératoire et vos éléphantasmes sado/sexo me remplissent de joie... Je vais faire un tour sur ton site... Tout de s(u)ite !
Bon après-midi. (ou bonne ?).
Inscrit le : 20/08/2008
Commentaires : 619
Constructif à 92.31 %
Bon, ça reste expérimental, on ne comprend pas tout d'un coup. Franchement, si je n'avais vraiment que ça à faire (mais alors, vraiment, hein !), je le relirais bien 6 ou 7 fois pour presque tout comprendre. Comment sont décidées le mèches : écrites en commun ou imposées dès le début pour tous ? Et les écrivants, vous vous succédez ou c'est simultané (ce qui me paraît quand même difficile) ? ou pas.
Discussion en cours
Inscrit le : 26/03/2009
Commentaires : 391
Constructif à 76.58 %
Franck Zappa à écrit ?
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