Description
Description par l'artiste
« Que ton sommeil soit doux, murmurait l’océan.
- Pas maintenant, dit-elle, je dois encore marcher.
- Que veux-tu contempler ?
- Son corps couché en toi, allongé dans tes vagues. Son corps que tu protèges dans ton cortège d’algues.
- Ma grande chevelure, ces algues qui murmurent… J’aime ce corps qui dort et je veux le garder. Douce blessure dans mon ventre, ce corps en moi plongé.
-Tu ne peux le garder. Tu ne peux espérer qu’il dormira toujours. Qu’adviendra-t-il de lui lorsque viendra le jour ? Tu ne peux espérer que tu vas le garder.
-Dans mes vagues, dans mon cortège d’algues, ma grande chevelure, ces algues qui murmurent…
-Tes eaux sont un linceul pour celui qui attend. Dans le silence épais qui répond à sa voix, tes eaux sont le linceul qui l’emporte au néant.
-Silence… Ecoute le silence. Lui n’entend plus que moi.
-Mais c’est moi qu’il attend, allongé dans tes vagues.
-Dans ce cortège d’algues ?
-Ta grande chevelure, ces algues qui murmurent…
-Réponds, réponds à ma question. Qu’es-tu prête à donner ? Qu’es-tu prête à offrir, pour lui ?
-Mon cœur et puis ma vie, mes yeux, mon âme aussi…
-Ton cœur me suffira. Arrache-le ce cœur, de son lit d’ossements. Offre-le maintenant, à mes vagues, à ce cortège d’algues…
-Un cœur pour l’océan ?
-Un cœur pour l’aimer plus, de ton amour de femme, un cœur pour que tes larmes se mêlent à mes vagues, se mêlent à mes algues. Pour que tu nous rejoignes dans le cœur de ce cœur, offre-le maintenant, et deviens océan. »
Elle arracha son cœur et le sang ruissela de sa poitrine ouverte.
Elle immola son cœur sur la plage déserte.
Elle regarda le corps allongé dans les vagues.
Ses bras étaient bercés par un cortège d’algues.
Elle déposa le cœur dans un rayon de lune
Et aussitôt sa peau se changea en écume.
Emportée par la mer, emportée par les algues,
Elle rejoignit le corps endormi dans les vagues.
« Que ton sommeil soit doux, murmurait l’océan.
Permets-moi désormais de veiller sur tes cendres.
Ce corps couché en moi ne faisait que t’attendre.
Vous voilà à jamais, à mes vagues, mêlés.
Vous voilà à jamais, dans mes algues, enlacés. »
Commentaires
Inscrit le : 25/12/2009
Commentaires : 438
Constructif à 71.82 %
Inscrit le : 12/05/2009
Commentaires : 110
Constructif à 73.02 %
Cette peau me fait encore réfléchir. A part le mot "chair" qui n'est pas plus heureux, je n'ai toujours rien trouvé. J'attends des suggestions de tous ceux qui liront les commentaires et les réponses.
Encore merci à vous.
Inscrit le : 01/06/2009
Commentaires : 149
Constructif à 81.93 %
L'Artiste
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