Description
Description par l'artiste
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XI
Je me suis promenée au parc aujourd’hui...
Bon je vais t'épargner ma mirifique description pastorale.
N'empêche, j'y suis retournée à ce parc aujourd'hui.
Ben ouaih, j'étais à la recherche d'une autre belle affaire.
Hier j'ai trouvé un bouquin, qui sait ce que j'aurai pu y trouver aujourd'hui ?
J'y suis allée avec un pique-nique, au cas où y aurait besoin que je lise sur le banc pendant longtemps. J'ai pris de l'eau, des gâteaux et un sandwich que ma mère m'a fait.
Je me suis donc assise une nouvelle fois sur le banc et j'ai attendu, des fois qu'il se passerait quelque chose. On sait jamais.
Pour passer le temps, j'observais un clochard qui dormait sur un banc un peu plus loin. Non. En fait je le guettais.
Des fois que brusquement il se lève et vienne me violer, ou pire, me tabasser.
Et il a fini par se lever.
J'étais prête à prendre mes jambes à mon cou au cas où il ferait le moindre mouvement dans ma direction. Il s'est levé et a remonté son pantalon. Il a l'air si maigre. On lui devine les os sous ses fringues.
Il devrait venir de temps en temps en cours de biologie, au moins on aurait un cas pratique sur le squelette humain et je retiendrai plus facilement dans quel ordre on range les os.
Parce que les bouquins, c'est tellement abstrait des fois.
Bref. Il se lève, remonte son pantalon qui glisse, et commence à avancer en boitant. Cool, si je dois courir, j'aurai plus facilement le dessus.
Heureusement, il allait pas dans ma direction. Il s'est approché de la poubelle la plus proche de lui et il a fouillé vite fait les emballages qui se trouvaient sur le dessus.
Apparemment il n'a rien trouvé et il est parti à la poubelle suivante. Et de poubelle en poubelle, je l'ai perdu de vue.
Alors après j'ai regardé un peu les voitures qui passaient au loin, puis les oiseaux qui volaient d'arbre en arbre.
Et puis j'en ai eu marre de rester à rien faire. J'ai alors ouvert mon sac pour prendre mon pique-nique parce que je commençais à avoir faim. Et le clochard est réapparu.
Comme il revenait vers son banc, j'ai vu son visage, ou plutôt sa barbe. Puis je me suis sentie émue. Je sais pas si c'est à cause de voir quelqu'un d'aussi sale et aussi affamé en chair et en os, enfin surtout en os, ou la peur qu'il renifle ma nourriture et se jette sur moi.
J'ai alors pris une grande décision alors qu'il était en train de se rallonger sur son banc.
Bravant tous les interdits de ma mère qui dit que les clochards sont dangereux et alcooliques, je me suis approchée de lui.
Arrivée au banc, j'ai pris le paquet de gâteaux et j'ai tendu le bras en disant «tiens».
Il a alors sorti la tête de ses épaules et a eu un mouvement de recul comme s'il allait être tabassé.
Cool ce sentiment de toute puissance entre parenthèses ! Penser que moi, simple fille, certes hors normes mais quand même pas si musclée, je pouvais faire peur à un gars !
Bref. Il a alors vu le paquet, il l'a pris en me regardant directement dans les yeux et m'a dit «merci» avec une belle voix grave et un peu cassée.
Son regard m'a transpercée. Rien à voir avec celui d'un alcoolique. Son regard était franc, direct, naïf... On aurait dit le mien sauf qu'il a l'air d'avoir au moins quarante ans : il a des cheveux blancs.
Je suis retournée m'assoir sur mon banc, toute retournée. Machinalement, j'ai pris mon sandwich et j'ai croqué dedans, et j'ai aussitôt recraché ! Flûte !
Ma mère m'a encore fait un de ses foutus sandwichs écolos ! Du fromage blanc zéro pour cents de matières grasses avec des rondelles de tomate et de concombre !
Tu parles d'un sandwich ! Trop dégueu. J'ai cherché alors une poubelle pour le jeter et mes yeux sont tombés sur le clochard qui se régalait avec mes gâteaux.
Si j'avais su. C'est le sandwich que j'aurais dû lui donner. Pour lui ça aurait été tout bénéf puisque qu'il aurait pas pris un gramme tellement le sandwich à ma mère est diététique. C'est bon pour la santé !
Bon. Je vais pas le jeter dans une poubelle puisque y a un clochard.
Et rebelotte. Je retourne vers le clochard, lui tend mon sandwich et lui re-dit «tiens» en louchant malgré moi sur le reste de mes délicieux gâteaux dans ses mains toutes sales.
Il me regarde encore plus profondément que tout à l'heure, prend mon sandwich, me dit merci et me donne un gâteau.
J'ai pris le gâteau et suis partie en courant. Une fois sortie du parc, je me suis jetée sur le gâteau.
J'avais trop faim.
Commentaires
Inscrit le : 20/04/2009
Commentaires : 33
Constructif à 71.43 %
Inscrit le : 20/06/2009
Commentaires : 7
Constructif à 100 %
Inscrit le : 07/09/2009
Commentaires : 100
Constructif à 58.33 %
Inscrit le : 13/08/2009
Commentaires : 319
Constructif à 79.17 %
Elle est cliché dans quel sens ?
L'Artiste
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